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Congrès Panafricain pour le Renouveau Démocratique en Côte d'Ivoire



Comment vont les entreprises françaises en Afrique.

Economiquement l’Afrique reste tres rentable pour les entrepreneurs

Linternationalmagazine.com - Emmanuel Tixier , publié le 23/04/2008

Pour son 19ème rapport, le Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) souligne la richesse indiscutable du continent le plus pauvre au monde et l’opportunité d’y investir. Malgré des zones d’ombres persistantes, à commencer par la corruption…

Un continent qui séduit malgré ses "vieux démons"

36 milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE) en 2006… Jamais on n’avait autant misé sur le continent le plus pauvre du monde ! En 2004, le montant des IDE en Afrique était moitié moins élevé.

La preuve que l’attrait pour le Continent noir se confirme et s’accélère ces dernières années. La raison ? L’intérêt pour les richesses naturelles généreuses du continent s’est considérablement accru, et le climat économico-politique s’y améliore.

Les chiffres (2007) de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) inaugurent le rapport 2008 du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) sur un air étonnamment positif. Mais ne pas s’y tromper : en réalité, pour sa 19ème édition, le document du CIAN, publié par Le Moci, se veut « sévère, mais juste ». Car après les bonnes nouvelles – un taux de croissance continental à 5,7 % en 2006 (soit plus du double de la croissance de la zone euro, à 2,7 %) et des Etats, notamment pétroliers, qui n’ont jamais été aussi riches – vient le temps de la nuance et de la leçon : l’Afrique va mieux, mais elle pourrait aller davantage si le climat des affaires s’y normalisait sérieusement. Si les chiffres de la Cnuced sont positifs, tous ces indicateurs « sont valables à un instant T », précise l’organisation patronale.

La particularité du rapport du CIAN est surtout de refléter le sentiment des entrepreneurs français installés sur le Continent, et de laisser présager de leur confiance, ou pas, dans la pérennité de leurs affaires. Or cette année, le baromètre CIAN, auquel ont participé près de 400 entrepreneurs affiliés, révèle « une image très moyenne et souvent médiocre de l’environnement qui accompagne les affaires en Afrique ». « L’osmose du développement n’est possible qu’avec un secteur privé dynamique et un Etat fort qui fait respecter le droit », souligne Anthony Bouthelier, vice-président du CIAN.

Ce sont donc les Etats « prédateurs » qui sont visés par le rapport. La carte des contrôles fiscaux, réalisée à partir des appréciations faites sur place par les entreprises, définie trois zones : le Maghreb et l’Afrique australe, où les contrôles fiscaux sont effectués sans « problème majeur » ; et entre ces deux régions, une zone où le fisc fait du zèle, voire agit de façon « complètement démentielle », à raison parfois de trois à quatre contrôles dans la même année, indique la carte. Des pays comme le Cameroun, le Mali, la Côte-d’Ivoire, la République centrafricaine ou encore la République démocratique du Congo (RDC) sont ainsi épinglés pour leur tendance au « harcèlement fiscal ».

Une Afrique toujours très plurielle

Outre les abus commis par ces autorités, se cache encore et toujours la corruption. « Finalement, le « harcèlement fiscal » est le résultat pernicieux des règles anti-corruption, qui sont de plus en plus strictes », analyse Stephen Decam, secrétaire général du CIAN. Afin de compenser leur manque à gagner, certaines administrations se montreraient plus subtiles dans l’exercice de leurs prérogatives de contrôle fiscal…

Dans le haut du tableau des pays où la corruption se fait le plus sentir : le Bénin, le Nigeria, le Tchad, la RDC, le Congo-Brazzaville, le Cameroun, le Kenya, la Côte-d’Ivoire, et même le Maroc, qui reçoit par ailleurs l’une des meilleurs notes pour son environnement propice aux affaires.

En terme d’infrastructures, le rapport observe que le réseau routier demeure faible en Afrique centrale, alors qu’il s’améliore au Maghreb. Quant aux chemins de fer, ils sont « satisfaisants » au Maghreb, mais insuffisants en Afrique de l’Ouest. Les infrastructures aéroportuaires et portuaires sont globalement convenables en Afrique de l’Ouest et au Maghreb, tout comme les télécommunications. Pour l’ensemble de l’Afrique, le rapport se satisfait de la bonne implantation du secteur bancaire.

Mais au final, le Maghreb donne la meilleure impression d’environnement favorable, suivi de l’Ouest, de l’Afrique australe, et enfin de l’Afrique centrale, qui cumulerait travail « informel », et un haut degré de corruption et de fraude.

Le paradoxe d’un continent qui séduit

Mais même dans les lieux où l’environnement économique et social semble peu propice, les entrepreneurs français font des affaires. En Côte-d’Ivoire, cinq ans après le début de la rébellion, la grande majorité des entreprises tricolores voient leurs chiffres d’affaires repartir.

Et l’intention d’investir dans ce pays a augmenté de 20 % entre 2006 et 2008. Car le contexte souvent difficile « n’empêche pas les opérateurs, moyennant de gros efforts de gestion, de poursuivre des activités prospères aux résultats plutôt satisfaisants », note le rapport, qui évoque une promesse africaine fondée sur les ressources naturelles, humaines, et le grand potentiel de croissance du continent. Ainsi, le Cameroun ou le Mali offrent « de bonnes perspectives aux entreprises ».

Selon la Cnuced, 400 milliards de dollars auraient été détournés du Continent noir, en l’espace de trente ans, soit le double de sa dette. De quoi « s’interroger sur l’impact de l’aide publique à l’Afrique », observe le président du CIAN, Gérard Pélisson.

Selon le Conseil français des investisseurs en Afrique, ce chiffre est l’occasion de réaffirmer combien le secteur privé contribue au développement. « Néanmoins, nous ne sommes pas des agences de développement, tient à rappeler Stephen Decam. Mais pour des investisseurs, l’environnement doit être attractif, et garantir la pérennité des activités. Cela passe par un développement qui doit être durable. »

Six mois d’enquête, à travers 49 pays

Pour son 19ème rapport, le CIAN a, comme chaque année, envoyé un questionnaire aux 1 000 établissements français présents en Afrique et affiliés à l’organisation patronale. 400 d’entre eux ont répondu aux 37 questions portant sur le climat des affaires, en notant de 0 à 5 l’état des infrastructures, des administrations ou encore le coût des facteurs de production. Chaque entreprise a également renseigné l’évolution de son chiffre d’affaires, de ses résultats et de ses investissements.

 

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