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Interview exclusive de monsieur Gbahouo gervais vice-Président du CPR
accordée au journal de connectionivoirienne
Inédit: Gervais Gbahouo " Il y a nécessité de la mise en synergie de nos actions à fin de sortir notre pays de la honte et de l'économie de la main tendue"
Ancien Responsable de la Fesci Bouaké puis à Abidjan, M. Gbahouo Gervais vit à Londres depuis quelques années. C'est en sa qualité de Vice-président du parti politique, Le Congrès Panafricain pour le Renouveau Démocratique (CPR-CI) que notre Rédaction a eu l'honneur de l'interviewer. Sans faux-fuyants en homme politique doublé d'ancien syndicaliste engagé, le collaborateur de Doumbia Major parle...
Par G.D.A. pour le Journal de Connectionivoirienne.net
Monsieur Gervais Gbahouo si je vous demandais de vous présenter à nos Internautes?
Monsieur Gbansé, bonjour, avant tout je voudrais vous remercier pour l'occasion que vous me donnez de m'adresser à vos lecteurs. Par nature et par principe, il m'est difficile de parler de moi car d'une part mon engagement militant va au-delà de ma personne et d'autre part j'évite de tomber dans l'égoïsme et le narcissisme primaire. Sans trop m'étaler, je peux vous dire que je suis connu à l'état civil sous le nom de Gervais Gbahouo. Je suis diplômé en gestion des transports et logistique d'entreprise de la haute école les Rivageois de liège en Belgique. Je suis le vice président du CPR (Congres Panafricain pour le Renouveau Démocratique en Côte d'ivoire ) . J'assure actuellement l'intérim de la présidence de notre parti et j'en suis le porte parole officiel.
Comment se porte votre parti politique, Le Congrès Panafricain pour le Renouveau Démocratique (CPR-CI) en Côte d'Ivoire ?
Le CPR, depuis son lancement officiel se porte bien et je peux vous dire que les nouvelles qui nous parviennent du pays sont bonnes car les camarades qui sont sur le terrain consolident chaque jour nos acquis et c'est de bonne guerre. Les adhésions se font massivement sur notre site internet et nos responsables sont contactés autant à Abidjan qu'à l'étranger pour traiter les nouveaux cas de personnes qui les sollicitent et souhaitent se joindre au combat du CPR pour le changement positif en Côte d'Ivoire. Bientôt je serais moi-même parmi les militants pour continuer le travail d'implantation du parti sur toute l'étendue du territoire national.
Pourquoi devrais-je voter pour un candidat du CPR-CI aux prochaines élections ?
Votre question me semble un tout petit peu tendancieuse, parce que d'une part on ne sait pas quand est-ce qu'il y aura des élections en Côte d'ivoire, au rythme où l'alliance actuellement au pouvoir n'a aucun intérêt à organiser des élections et d'autre part notre parti ne s'est pas encore prononcé sur sa participation aux prochaines élections. C'est pourquoi je voudrais reformuler la question en disant plutôt : pourquoi aujourd'hui nos compatriotes devraient adhérer aux idées du CPR?
Déjà il faut savoir que si le CPR devait participer à une élection ou même soutenir un candidat d'une coalition, il va de soi que certaines conditions préalables devraient être réunies. Il ne s'agit en effet pas pour le CPR d'aller légitimer, par sa participation, une mascarade électorale.
Vous savez que depuis sa création le CPR est un Parti qui prône le changement positif dans tous les secteurs d'activités, dans les mentalités et les façons d'agir des acteurs politiques ivoiriens.
Le CPR se bat pour la redistribution équitable des ressources collectives de notre pays et combat l'enrichissement illicite et le pillage dont se rendent coupable certains acteurs politiques actuels.
Le CPR se bat contre la division tribale et la manipulation ethnique de nos populations qui sont prises en otage par des partis politiques qui se servent d'elles comme boucliers protecteurs pour mieux se partager les ressources publiques. C'est pourquoi le CPR combat avec acharnement l'ivoirité, et le clientélisme des clans politiques.
Le CPR n'accepte pas qu'il y ait des citoyens ivoiriens qui ne mangent pas à leur faim et vivent avec moins de 300 francs par jour.
Le CPR refuse d'accepter que des citoyens ivoiriens meurent de faim pendant que la classe politique vit dans un luxe insolent et nargue le peuple.
Le CPR refuse qu'il n'y ait pas de système de santé et de sécurité sociale digne qui permette à nos populations de se soigner quand elles sont malades. Aujourd'hui des personnes meurent dans nos hôpitaux délabrés parce qu'elles n'ont pas d'argent pour acheter leurs médicaments. Le CPR a des propositions pour changer ces choses. Le CPR a des propositions pour répondre aux questions de l'emploi face au chômage endémique que vit notre jeunesse contrainte à l'immigration. Il est inadmissible que le principe de l'égalité de chance ne soit pas respecté dans notre pays. Aujourd'hui en Côte d'ivoire il y a des gens qui occupent des postes parce qu'ils sont militants proches du pouvoir alors que des jeunes méritants sont au chômage.
Certains occupent des postes sur la base de la légitimité des armes et de la violence alors que leur valeurs intrinsèque est discutable.
Les concours s'organisent avec des admis d'office prévenant des listes des ministres ou de proches du pouvoir. C'est même pire que ce que nous combattions du temps où le PDCI était au Pouvoir. L'éducation, l'économie, le social, l'éthique etc. ; tout dans le pays est dans un état de délabrement avancé avec des hommes politiques qui se maintiennent au pouvoir sans légitimité et contre la volonté du peuple. Ils n'ont pour seul argument de maintient au pouvoir que la violence et la roublardise. Ils montent les populations les unes contre les autres en manipulant la haine tribale et la corruption.
C'est toute cette situation que le CPR combat. C'est pourquoi, tous ceux qui se reconnaissent dans ce combat contre la souffrance du peuple de côte d'ivoire doivent rejoindre le CPR pour qu'ensemble nous donnions un nouvel espoir à notre peuple. Notre économie vit sous perfusion, sans prospective ni réflexion sur son avenir et les populations sont appauvries. Le pire et le cynique dans l'histoire c'est que les mêmes acteurs qui l'ont appauvri se livrent à des démonstrations pour qu'aujourd'hui on admette ce pays au programme PPTE, dans le seul souci d'avoir une annulation des dettes et des crédits qu'ils ont eux même occasionnés par leurs gestion. Qui l'aurait cru il y a dix ans ou quinze ans de cela que notre pays dont on louait le miracle économique, se battrait pour être admis comme pays pauvre? Tout ceux ci est écœurant et dramatique. C'est toute cette situation révoltante qui a suscité la mise en place de cet outil de lutte populaire qu'est le CPR pour engager notre peuple sur la voie du changement Vrai et du développement. Nous voulons opérer un changement qualitatif avec le CPR qui a un projet de société pour la Côte d'ivoire. Il est donc permis aux ivoiriens de rêver avec le CPR pour un meilleur devenir de notre chère patrie.
Comment se porte le président du parti, monsieur Doumbia Soumaïla dit Major ? Des rumeurs nous parviennent le disant très malade ?
Le président du parti, le camarade Doumbia Major a fait l'objet effectivement d'une tentative d'empoisonnement pendant qu'il était au Ghana alors qu'il s'apprêtait à rentrer au pays pour apporter sa contribution au travail d'implantation des structures du parti. Le poison visait à arrêter son cœur en entrainant une crise cardiaque, il a survécu à cet empoisonnement dont les auteurs sont des personnes qui n'ont pas intérêt a ce que le CPR passe son message d'éveil de la conscience du peuple. Aujourd'hui il se porte très, très bien. Vous savez les gens qui ont échoué dans leur mission macabre veulent savoir comment le camarade se porte. Ils font donc véhiculer le faux pour avoir le vrai. Qu'ils sachent donc que le frère et camarade Doumbia Major se porte à merveille. Ces personnes là, quand elles ne vous entendent pas, elles sont inquiètes et veulent savoir ce que vous faites, alors elles lancent des rumeurs. Je suis de façons permanente en communication depuis Londres avec lui et je peux vous assurer qu'il a retrouvé une parfaite santé. Il s'est volontairement mis en congé de la direction des choses parce qu'au CPR ce n'est pas des questions de personnes, c'est notre projet collectif de changement qui compte plus que les individus.
On vous a vu dernièrement sur une vidéo-internet lancer un appel au peuple ivoirien. Quelles furent vos motivations ?
Vous savez que tout combat politique dans une perspective démocratique prend appui sur le peuple, car c'est pour le peuple que nous nous battons. Il va donc de soi que nous soyons en phase avec lui dans le combat, d'où l'appel que nous lui lançons pour qu'il s'éveille et qu'il sache qu'il n'est pas isolé dans sa lutte. Vous convenez avec moi que depuis 2000 les souffrances du peuple de Côte-d'Ivoire sont totalement ignorées et on lui impose d'autres débats par organes de presse et de propagande. On a l'impression que le peuple de Côte-d'Ivoire n'existe plus, la vie des ivoiriens n'est réduite qu'à des questions seulement politiques et pourtant cette vie des ivoiriens continue avec ces lots de souffrances sociales et personne aujourd'hui n'en parle.
On pille les paysans dont les produits agricoles servent au financement de la vie luxueuse de la lourde administration publique. Alors que ces paysans n'ont ni assurance santé ni retraites. On construit des châteaux et on s'offre des voitures de luxe avec l'argent du peuple alors que le peuple est privé d'emplois, les jeunes sont devenus des mendiants, des étudiants diplômés sont devenus des gérants de cabines téléphoniques.
La diaspora elle-même est pillée indirectement et mise en esclavage puisqu'elle est obligée de travailler pour nourrir, soigner ou scolariser les parents restés au pays. Au moment où dans d'autres pays l'école est gratuite et obligatoire jusqu'à un certain âge, chez nous on augmente les frais d'inscriptions dans les universités qu'on privatise pour limiter l'accès à l'enseignement supérieur.
La pauvreté et l'exclusion touche aujourd'hui prés de 80% de la population ivoirienne. La misère pousse des jeunes filles de 15 ans à la prostitution.
Toutes ces souffrances se passent et le souhait de certains dirigeants actuels c'est que personne n'en parle. Quand vous en parlé on veut vous faire passé pour des ennemis de la paix ou des opposants à l'accord de Ouaga comme si l'accord de Ouaga était le problème majeur des ivoiriens. Au CPR on refuse d'accepter la consigne "silence on pille et on appauvrit le peuple". Nous sommes dans l'opposition et on joue notre rôle d'opposant qui est avant tout un rôle de contre pouvoir.
Personne ne nous imposera un débat politique creux sur les éligibilités de candidats qui finalement sert de prétexte pour camoufler le processus de pillage dont est victime la nation toute entière. Aujourd'hui l'égoïsme, la quête de promotion personnelle et l'enrichissement illicite, a rendu le corps politique insensible, et ce sont tous ces constats qui furent nos motivations. Nous voulons dire au peuple abandonné de prendre son destin en main et le CPR sera là pour l'accompagner vers la victoire qui donnera le changement positif.
Comment pouvons nous qualifier les réactions à votre appel et quelles sont les perspectives ?
Les réactions ont été très bonnes dans l'ensemble, vu les adhésions que cela continue de susciter. Aujourd'hui tous les camarades sont conscients que les problèmes posés sont réels et méritent que des actions concertées soient menées, soit au sein d'une structure politique commune et nous sommes prêts au CPR à accepter tous les camarades qui viennent pour que nous travaillons ensemble. Nous sommes même prêts à nous fondre dans une dynamique d'ensemble car l'important c'est de mettre en place les outils politiques qui permettent d'amener notre peuple vers un changement positif avec un leadership constitué de dirigeants qui refusent le pillage des ressources collectives et se battent pour la probité morale, la paix et l'unité nationale. Ce projet politique de création d'une dynamique unitaire, est plus que nécessaire. il appartient à tous. Il faut impérativement qu'en collaboration, entre structures différentes, autour d'une plateforme minimale, nous appelions au changement prôné par la troisième voie. Cette troisième voie ne sera pas l'affaire d'un individu, mais plutôt un projet collectif de changement. C'est pourquoi quand vous écouter mon appel, il y a deux volets essentiels, le 1er volet qui s'adresse au peuple de cote d'ivoire et le 2nd volet qui lui appelle à un rassemblement de toutes les forces pour une réorientation politique en Côte-d'Ivoire. Nos anciens camarades de luttes sont fortement invités à se joindre à cette troisième voie soit structurellement ou en rejoignant directement le CPR.
Avec quels moyens comptez vous atteindre vos objectifs ? On vous sait physiquement éloigné de la scène politique ivoirienne.
Un parti politique ne se résume pas à des individus. Nous sommes certes loin du théâtre des opérations mais une équipe performante est sur le terrain et je peux vous dire que nous sommes largement satisfaits du travail abattu sur place. Le CPR à l'instar des autres formations politiques se donnera les moyens de donner à la Côte-d'Ivoire une fière allure car faire la politique c'est proposer un projet de société fiable et viable à ses concitoyens. Là-dessus, le CPR est bien parti et le peuple fera le bon choix au moment opportun.
M. Gervais Gbahouo, l'actualité brûlante panafricaine ce sont les présidentielles réussies au Ghana, le coup d'Etat en Guinée et la polémique Mugabé (NDLR Interview faite avant la nomination de Twangirai comme Premier Ministre). Quelles sont vos opinions sur ces questions ?
Nos compatriotes malheureusement ne s'intéressent pas trop souvent à ce qui se passe au-delà de nos frontières. Sinon ils comprendraient que le Ghana d'aujourd'hui est un pays en progrès qui n'a rien à envier à la côte d'ivoire. Ce pays fait la fierté de l'Afrique de l'ouest. Dans ce pays les oppositions ne sont pas tribales et les leaders ne pillent pas les ressources publiques comme cela se passe chez nous. Les Ghanéens ont adopté une culture démocratique et il y a un véritable respect des politiciens vis à vis de leur peuple. Au Ghana il y a une culture de formation politique. Ce qui n'est pas le cas en Côte-d'Ivoire où aujourd'hui rares sont les partis politiques qui donnent de véritables formations politiques a leurs militants de peur que ceux ci comprennent le jeu des manipulations du peuple et qu'ils décident de s'en soustraire. C'est cette manipulation qui est d'ailleurs devenue la règle d'or et elle est utilisée à grande échelle aussi bien par le parti au pouvoir que par l'opposition. Il n'est même pas choquant de voir que le président de la république ou un ministre fasse des dons matériels ou d'argent aux populations pour se faire passer pour généreux avec l'argent public. Je ne peux que féliciter le peuple ghanéen pour sa culture démocratique et je pense que nous devons en Cote d'Ivoire nous en inspirer. C'est pour dire que , quand on veut des élections transparentes sans contestation cela commence par la formation de la base. Et ce qu'il faut savoir c'est que les Ghanéen n'ont pas attendu des aides de l'union européenne pour organiser leurs élections. Chez nous on utilise le prétexte d'élections pour se livrer à des rackets de fond des bailleurs étrangers pour les détourner sur des comptes planqués en Europe.
Le coup d'état en Guinée par contre témoigne bien d'une rupture entre l'ancienne direction de l'état et le peuple et nous osons croire que les militaires qui ont pris le pouvoir engageront la Guinée sur la voie d'un véritable développement, d'une redistribution équitable des immenses ressources en faveur du peuple de la guinée. Pour nous la couleur de l'habit de celui qui tiens les reines d'un pays ne compte pas, ce sont les grandes orientations politico-économiques qui déterminent notre choix, et nous attendons de voir ces jeunes militaires en œuvre. Rawlings a bien fait un coup d'état au Ghana mais il a apporté la démocratie. On a le cas de ATT au Mali, donc nous attendons les actions avant de juger.
Pour la polémique sur Mugabe, nous encourageons les initiatives prises de discussion avec l'opposition dans le sens de la paix dans ce pays afin que la souffrance du peuple soit atténuée.
Nous demandons aussi bien à Mugabe qu'à l'opposition dirigé par Tsvangirai de penser au peuple du Zimbabwe. Il faut en finir avec les questions personnelles de partage du pouvoir pour très rapidement engager des reformes économiques pour une vraie redistribution des ressources en faveur du peuple du Zimbabwe.
L'actualité dans votre pays la Côte-d'Ivoire se sont les consultations électorales sans cesse reportées depuis 2005. Quelle appréciation faites vous de ces reports ?
C'est un constat qui est à la fois amer et révoltant quand on pense que les autres pays avancent au moment où nous stagnons. Je peux vous citer l'exemple du Ghana qui a relancé son économie par d'importantes reformes alors que nous nous en sommes encore à peiner à organiser des élections. Je demeure convaincu que ces reports interminables sont la traduction de la mauvaise foi manifeste de certaines personnes qui se complaisent dans cette situation de ni paix ni guerre. Ces personnes tirent des dividendes de cette léthargie et de la souffrance de la population. En période incertaine comme celle que vit notre pays, la gabegie, la corruption et la course à l'enrichissement illicite sont érigées en règles d'or au grand désarroi du peuple.
Et la polémique sur le désarmement des rebelles avant ou après les élections ? Que dit le Congrès panafricain pour le renouveau démocratique en Côte d'Ivoire (CPR-CI) sur cette question cruciale ?
Je crois personnellement que polémique il ne devrait pas y avoir car je demeure convaincu que personne ne peut soutenir et souhaiter les élections sans désarmement. Les élections suppose en amont faire des campagnes et ce sur toute l'étendue du territoire national sans craindre pour sa vie et sa sécurité. Les élections supposent en aval un vote libre et secret. Avec des armes dans le dos je ne pense pas que le vote soit libre et sincère. Le désarmement est donc un préalable sinon une exigence majeure.
Cependant qui parle de désarmement doit aussi parler de certaines conditions qui ont à mon avis poussés les ex rebelles à prendre les armes afin que ceux ci n'aient plus d'arguments de les détenir. Les populations qui ont soutenu la rébellion estiment l'avoir fait contre les injustices constatées dans le pays; elles prétendent que l'ivoirité excluait une partie des ivoiriens dont la nationalité était soit contestée, soit faisait l'objet de stigmatisation. Il faut donc faire en sorte que les causes qui ont amené la prise des armes disparaissent en expurgeant notre constitution de dispositions conflictuelles. Il faut veiller à faire une bonne identification, l'attribution des cartes d'identité, et si toutes ces conditions sont remplies, il ne devrait plus avoir de raisons que des gens soient en armes avant qu'on ailles aux élections.
Que pensez-vous de l'engagement de votre ancien camarade Soro pour la paix, vous qui avez connu l'homme à la FESCI, au milieu des années 1990 ?
La 1ere fois que j'ai rencontré Soro Guillaume c'était en 93 à Vridi où il partageait une chambre avec un autre camarade du nom de Saddam. J'étais en ce temps secrétaire général de la section Fesci de la faculté des sciences économiques à l'université de Bouaké, et lui était responsable de la section de la cité de Vridi. C'était à l'occasion d'une de mes descentes sur Abidjan à la recherche de moyens logistiques pour la mise en application d'un mot d'ordre de grève. Après nous avons eu à nous fréquenter dans d'autres cadres, quand il est passé secrétaire général après le mandat de Guirao. Après cette épisode estudiantine chacun d'entre nous à évoluer à sa façon. Mais pour moi l'important ce n'est pas les rapports personnels qui doivent prédominer sur l'intérêt du peuple. Il s 'agit d'abord du pays, ce qui nous impose une approche objective qui n'a rien à voir avec les amitiés ou les rapports d'affinités.
Notre pays vit dans une situation de honte et de délabrement avancé dans lequel il est depuis l'éclatement de la crise. Ce que nous demandons c'est que tous les acteurs qui sont aux commandes fassent en sorte que le pays quitte cette situation. Nous encourageons donc le camarade Guillaume Soro à prendre les mesures nécessaires pour qu'on sorte notre pays de cette situation de souffrance sans fin dans laquelle le peuple de Côte-d'Ivoire se trouve.
Mieux encore j'attire l'attention du camarade 1er ministre sur le fait que la paix réelle ce n'est pas une paix des braves qui se partagent le pouvoir et les richesses d'une nation, mais plutôt la paix des cœurs. Et cette paix on l'obtiendra quand le peuple de Côte d'Ivoire aura la justice et la sécurité sans la menace des armes; quand chaque famille aura droit à trois repas convenables par jour; quand chaque famille pourra prétendre se soigner, quand chaque famille aura un toit où se loger, quand des problèmes cruciaux comme ceux de nos parents paysans qui n'ont aucune garantie de retraite seront posés, quand les questions de l'emploi seront redéfinies.
Toute nation doit être à mesure de trouver dans le fonctionnement de son économie les moyens nécessaires pour faire face aux besoins élémentaires de sa population, et c'est ce défi que nous devons relever pour apporter la paix véritable et la stabilité dans notre pays. Je pense que c'est quand nous aurons eu l'occasion de débattre de toutes ces questions de fonds que notre pays la Côte d'Ivoire sera résolument engagé sur le chemin de la paix. Je souhaite donc que nous sortons très rapidement des débats politico-électoralistes pour nous engager sur la voix de la refonte de notre économie.
On a vu le Président de votre parti M. Doumbia Majour acter comme porte-parole Europe du MPCI ? Le CPR-CI n'est-il pas une dissidence du MPCI ?
Certes le camarade Doumbia Major fut porte parole du MPCI en Europe mais cela ne fait pas du CPR une dissidence de ce mouvement militaro-civil. Si le camarade a librement quitté cette formation militaro-civile s'est qu'elle ne correspondait plus à la vision qu'il avait de l'action militante et politique. L'homme Doumbia Major que je connais très bien n'est pas un individu qui soit d'une nature de suiviste. C'est un homme de conviction très déterminé, qui reste fidèle à ses convictions et à son idéal pour une société meilleure et une société de partage. C'est un homme qui fait abstraction de ses intérêts personnels pour se poser comme un serviteur des intérêts de la nation. Il ne transige pas avec ses engagements et a un sens élevé du bien être du peuple. Ce n'est pas un individu dont la nature est de se plier à une règle du jeu qu'il récuse. Un pareil homme ne se manipule pas, car il est capable de grands renoncement pour défendre son idéal. S'il a pris librement la décision de poursuivre son combat pour le peuple dans la formation politique qu'est le CPR, il est aisé de comprendre que c'est pour défendre ses convictions et non pour se poser comme antithèse ou disssidence d'un groupe dans lequel il ne se reconnait pas. Vous savez, vous pouvez croire partager à un moment donné des convictions avec certains camarades au sein d'un même mouvement et par la suite vous rendre compte que la nouvelle ligne ou les pratiques de ces camarades n'obéissent pas à vos convictions et décider de vous retirer sans bruit ni trompette. La rupture dans ce contexte est un acte courageux, il ne faut pas se priver de le faire car dans le cas contraire on perd sa dignité d'homme.
Ce que vous devez savoir c'est que le CPR est un parti politique légalement formé qui comptent en son sein des milliers de personnes qui viennent d'horizons divers.Les parcours politiques individuels y sont pluriels et il y en a qui n'ont jamais appartenu au MPCI. Le MPCI demeure le MPCI et le CPR reste le CPR.
Vous avez quand même été très lié de par le passé ?
Effectivement je connais aussi Doumbia major depuis la cité de Yopougon quand je suis arrivé de Bouake en 96. En ce moment il était responsable de la section de la Flash (NDLR Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines) et ce que je sais chez le camarade c'est un vrai combattant de terrain et aussi quelqu'un qui a plus ou moins évolué toujours seul, sans vouloir se mettre sous la coupole de qui que ce soit. Mais celui avec qui j'ai été le plus lié par le passé est le camarade Drigoné Faya.
Quelles rapports entretient votre parti avec IB ?
Notre parti n'entretient pas de rapport au niveau individuel mais structurel. Nous n'avons donc aucun rapport avec IB.
Alain Lobognon (NDLR chargé de communication des Rebelles ivoiriens) a accusé Monsieur Doumbia Major dans une interview de servir le Major IB ?
Ce sont des aberrations qui n'engagent que ce monsieur. Nous ne savons pas à quel objectif répond cette accusation fallacieuse; elle relève plutôt des fantasmes de son auteur.
Et avec la dissidence au sein des rebelles des Forces Nouvelles ? Quelles sont vos contacts ? Je veux parler de Ben Rassoul (NDLR ancien porte-parole des rebelles ivoiriens au Burkina-Faso) et autres.
Je ne connais pas ce monsieur. Le CPR se bat pour la redistribution équitable des ressources, la justice sociale, la probité morale, l'égalité des chances sur la base des compétences, et la prise en compte réelle des préoccupations du peuple de Côte-d'Ivoire. Le CPR ne se bat pas pour faire la connaissance des individus.
Vos rapports avec l'actuel ministre du Tourisme et de l'artisanat ?
Il était passé chez moi quand j'étais encore à Liège avant la crise de 2002, dans le cadre d'une réflexion pour la création d'une structure politique. Entre temps la rébellion éclata et les seuls informations que j'ai de lui sont celles que je lis dans la presse.
Avez-vous des nouvelles de Drigoné Bi Faya ?
Le camarade Drigoné Faya est un compagnon de lutte de longue date et il se porte très bien et je suis en contact permanent avec lui, tout comme je le suis avec le président DOUMBIA Major.
Votre version de la crise des machettes a la Fesci 1999-2000 s'il vous plait ?
La crise des machettes à la FESCI trouve ses origines dans une divergence de choix entre deux tendances. D'un côté, il y avait le camp de ceux qui voulaient faire de la Fesci une structure de propagande à la solde du FPI et d'un candidat pour les élections de 2000, et de l'autre celui de ceux qui prônaient une FESCI autonome, fondamentalement attachée à défendre les intérêts des élèves et étudiants de Côte d'Ivoire conformément à ces statuts et règlements intérieurs; ce dernier camp était le notre.
Ces deux camps en sont arrivés à une confrontation inévitable à la suite du coup d 'Etat de 1999, quand la tendance Pro FPI est entrée dans le processus d'inféodation de notre organisation que nous voulions neutre. Notre tendance s'est donc insurgée contre la déviation d'une partie de la direction de la Fesci qui a voulu inféoder le mouvement au FPI. Nous avons donc décidé qu'on aille à un congrès extraordinaire pour trancher la question puisque la ligne du mouvement était en train de changer.
La frange FPI qui se savait minoritaire et qui savait qu'elle perdrait le congrès a tout fait pour refuser d'y aller en nous accusant avec l'aide et l'appui des journaux bleus d'être manipulés par le RDR pour saboter la transition dirigée par le général Guéi.
Il s 'agissait pour eux de trouver un moyen de préparer l'opinion à l'élimination de nos camarades.
La tendance Fpi de la Fesci qui était minoritaire dans la base a décidé de s'imposer par la force en utilisant la machette pour chasser tous les soit disant dissidents qui avaient le contrôle des cités, aidée en cela par une partie de l'armée à la solde du Fpi.
Leur mode opératoire était simple: ils faisaient intervenir les forces de l'ordre armée de kalachnikov qui délogeaient nos camarade et s'assuraient que nos camarades n'avaient pas de moyen de défense, à leur suite les partisans pro Fpi armés de machette attaquaient les étudiants et les dissidents aux mains nues.
C'est comme ça que certains de nos camarades ont été découpés par les pro FPI. À cet effet il faut savoir que le premier étudiant découpé dans l'histoire de cette crise estudiantine l'a été par les proches du FPI au sein de la fesci. Cet étudiant vit toujours et il se nomme Zadi Daniel dit Samko qui était proche de nous et ancien secrétaire général de la cité de Port-bouet 1. Le même jour Djessan Théodule dit petit Théo a été défenestré du 2eme étage dans cette même cité universitaire. C'est dans la même vaine qu'il ont tué le camarade Mémissa à Vridi et tué deux de nos camarades à Williamsville. On met quiconque au défi de nous donner le nom d'un seul étudiant que notre tendance aurait tué ou fait tuer.
Vous savez, comme ils avaient la presse et le pouvoir de leur coté dans l'alliance CNSP-FPI d'alors ils en ont profité pour nous diaboliser. Aujourd'hui l'histoire nous donne raison car cette crise était les prémisses de la crise que vit en ce moment encore notre pays la Côte-d'Ivoire. La preuve s'est que ces mêmes assassins sévissent sur les campus aujourd'hui avec les mêmes méthodes et les mêmes moyens pour semer la terreur dans l'esprit de leur concitoyens.
Un ancien responsable de section FESCI dont je tairai le nom a fait dernièrement cas d'une quatrième tendance presqu'essentiellement composée de responsables de sections, bien attendu à coté des tendances déjà connues que sont celles du FPI (Blé Goudé / Damana Pikass), RDR (Soro Guillaume) et Doumbia Major ? Confirmez vous ou infirmez vous cela ? Je ne parle pas du congrès de 1998 mais du mandat de Blé Goudé.
Dans tous les cas sachez que la crise en elle même trouve fondamentalement ces racines dans les combats d'influences politiques au sein du syndicat FESCI et au fur à mesure que les générations se succèdent, la résistance à la caporalisation de la FESCI que nous menions peut prendre diverses formes, ou divers tactiques peuvent être utilisées pour mener ce combat et je pense d'ailleurs que c'est en cela qu'à un moment donné de la crise, nous avions jugé bon dans le temps, que notre tendance soit menée par le collectif des sections pour montrer aux yeux de tous que nous étions la base et que nous n'avions aucune ambitions de pouvoir.
Vue que certains de nos camarades qui apparaissaient dans la presse comme porte voie de notre tendance avaient des noms à consonance nordique, l'alliance CNSP -FPI a vite fait de faire le lien avec une manipulation du RDR alors qu'il n'en était rien.
C'est ainsi que le général GUEI a été manipulé en lui disant que c'étaient des étudiants à la solde du RDR qui voulaient saboter la transition.
La troisième tendance en question dite des secrétaires de section a été mise en place avec l'accord du camarade Doumbia Major qui a demandé aux sections de prendre leur responsabilité pour sauver le mouvement.
Voilà comment, se retirant lui même de la direction qui avait déviée, il a favorisé la mise en place du collectif des responsables de sections sensé prendre la relève au congrès qui devrait être organisé et que la frange FPI a refusé en usant de la violence la plus barbare.
Vous voyez, le Général Guéi ne s'est rendu compte du fait qu'il avait été manipulé que tardivement. C'est quand blé Goudé à la télévision, à la veille des élections a appelé tous les étudiants à voter pour GBAGBO que le Général GUEI a compris la manipulation. Il avait même tenté alors de joindre ce jour là le camarade Doumbia major et le camarade DRIGONE FAYA par l'entremise du sergent Boka Yapi pour apporter la réplique à la télévision, mais il était déjà trop tard. Voilà peut être je pense ce que le camarade appelle une autre quatrième tendance.
Que pensez vous de Blé Goudé et de Damana Pikass ?
Ils ont fait des choix clairs que je respecte celui de soutenir leur formation politique pour laquelle ils ont toujours milité.
Quelles sont vos relations avec la diaspora militante ivoirienne en Europe ?
Nous avons de très bons rapports avec toute la diaspora ivoirienne en Europe et c'est de bonne guerre, car pour moi cette diaspora non seulement peut et doit jouer un rôle important dans la résolution de la crise que travers notre pays, mais aussi toute diaspora est un moteur de développent dans toute nation, c'est le cas de la diaspora juive, la diaspora italienne aux Etats Unies et la diaspora arménienne en France. Nous regrettons que les autorités ivoiriennes actuelles n'est pas pris la mesure de l'importance de cette diaspora et la traite avec mépris, déconsidération et manque d'égard.
Quelles sont vos relations au plan politique avec cette même diaspora? Je veux parler des Dékpai Jean Marie, Evariste Ohinché, Apollos Dan Thé, Tapé Groubéra et de tous les autres.
A l'instar de mes relations avec toute la diaspora ivoirienne, mes relations avec ces anciens camarades de la Fesci sont de très bons rapports et je réitère mes propos d'invitations à tous les camarades que nous avons ensemble une mission historique à jouer dans la réorientation de la politique en Côte-d'Ivoire. Il faut rompre d'avec les trahisons continuelles de ces cadres qui quand ils sont dans les milieux estudiantins défendent des idées dans le sens de l'intérêt général et qui plus tard quand ils quittent ces milieux, se conforment et même s'érigent en défenseurs de ces systèmes oppressifs et corrompus.
C'est pourquoi d'ailleurs j'ai même effectué des déplacements un peu partout en Europe auprès de certains camarades afin que des discutions de fonds soient menées et que nous prenons la mesure de notre rôle et agissons en conséquence et en actions concertées, soit dans une structure politique commune, ou par voix diversifiées mais autour d'une plate forme sur des questions essentielles de l'économie, l'éducation, la santé, le travail, le logement, pour ne citer que ceux-là.
Et je pense que la plupart des camarades aujourd'hui ont compris la nécessite de la mise en synergie de nos actions à fin de sortir notre pays de la honte et de l'économie de la main tendue.
Certains ivoiriens pensent que la paix en Côte-d'Ivoire dépend de la paix entre Fescistes. Partagez vous cette opinion ? Si oui quelles actions entreprenez-vous dans ce sens ?
Les Fescistes ne sont que des acteurs d'une crise, ils ne peuvent que ralentir ou accélérer sa résolution, et toute crise dans toute nation est un processus qui prend diverses formes.Cette crise a un début et aura forcement une fin. Cependant j'invite tout ivoirien et donc aussi mes anciens camarades Fescistes à contribuer s'ils le peuvent à la résolution rapide cette crise qui n'a que trop duré et mettre fin aux souffrances du peuple ivoirien, afin que les vrais problèmes des ivoiriens soient posés.
Pour revenir à l'actualité. Le gouvernement ivoirien mène actuellement une campagne de presse afin de démontrer au monde que votre pays la Côte-d'Ivoire est un pays pauvre, donc éligible au programme PPTE. Comment réagissez vous face à cette démarche ?
J'ai honte pour mon pays quand je pense aux énormes potentialités dont la nature a doté ce pays. C'est essentiellement la mauvaise gestion des ressources collectives qui a fait basculer mon pays dans le camp des pays pauvres. Mais que voulez vous ? C'est déjà fait. Il s'agit de trouver des solutions urgentes car mon peuple se meurt. Si l'éligibilité au programme PPTE peut faire renaître l'espoir au sein des populations affligées par la faim et la guerre alors je suis pour cette campagne médiatique. Mais fondamentalement je reste circonspect car l'éligibilité au programme PPTE n'est pas une panacée. Certains pays avant la Côte d'ivoire ont bénéficié du programme PPTE, mais où en sont-ils aujourd'hui ?
Pensez vous que les élections auront lieu cette année en Côte-d'Ivoire ?
Je ne le pense pas mais je le souhaite ardemment pour mon pays car nous sommes en train d'accuser un retard incommensurable sur les autres pays de la sous région. Aujourd'hui, le Sénégal, le Mali le Ghana et même le Burkina Faso sont en chantiers pendant que nous en sommes encore à peiner pour organiser des élections. Que tous jouent franc jeux et particulièrement les signataires de l'APO pour aboutir à des élections en 2009.
Comment jugez vous l'attitude de la France, du Burkina-Faso et des pays voisins de la Côte-d'Ivoire depuis 2002 ?
Je pense que tous les acteurs politiques d'une nation doivent savoir qu'il y a des questions essentielles concernant la vie d'une nation sur lesquelles quelques soient nos divergences d'opinions nous ne pouvons céder aucunement, et cela, dans l'intérêt de nos peuples. D'ailleurs nous le voyons chez ces même pays qui soient disant nous enseignent des leçons de démocratie. En France que tu sois socialiste ou de L' UMP l'intégrité du territoire Français reste une question de tous les français et ne peut faire l'objet d'aucun marchandage, la politique étrangère que tu sois de la gauche ou de la droite met au devant les intérêts du peuple Français et c'est d'une seule voix que cette politique est défendue. Alors que dans mon pays la Côte-d'Ivoire la fissure est partie de l'intérieur et au nom des questions de luttes de maintient ou de conquête de pouvoir on a permis a tous ces autres pays à savoir le Burkina Faso, La France de s'immiscer dans la gestion de la vie de la nation ivoirienne.
Aujourd'hui toute décision politique vient de OUAGADOUGOU. Or tous ces pays ne recherchent et ne défendent que leurs propres intérêts. Ce sont ces mêmes pays qui prétendent aujourd'hui vouloir nous aider à retrouver la paix. Ce à quoi je ne crois pas du tout.
Je pense que la Côte-d'Ivoire dispos d'hommes et de femmes capables de trouver les ressources nécessaires pour faire la paix entre nous au nom de l'intérêt du peuple de Côte-d'Ivoire.
Et c'est d'ailleurs de bonne guerre que le CPR depuis sa création a appelé à une journée de concorde nationale avec toutes les forces vivent de la nation, la société civile, les chefs traditionnels, les partis politiques, les associations des jeunes et les syndicats afin qu'un vrai débat de société soit mené et que toutes les questions soient abordées. Voilà le vrai chemin selon le CPR qui peut amener une paix solide et définitive dans notre pays.
Certains de vos camarades de promotion estiment qu'il faut une nouvelle classe politique à Abidjan. Êtes vous de cet avis ?
Lorsque moi je parle d'une nouvelle classe politique ou encore mieux d'une nouvelle génération d'hommes politiques, je ne fais pas forcement allusion à des individus, mais plus tôt à la pratique politique elle même, qui doit changer. Nous devons nous réapproprier notre économie et la réorienter dans le sens d'un vrai partage des ressources de la nation. Je pense que la nature de notre pays nous conseille de faire une réorientation dans le sens de l'économie sociale et solidaire, qui tient compte des besoins des peuples dont nous avons la charge et cette économie permettra à nos peuples de s'autogérer, au lieu de passer notre temps à rechercher des aides extérieures qui ne font que plonger notre nation dans une situation de dépendance de plus en plus grande, ce qui dessert forcement notre élan vers le développement et la modernité. Nous aurons l'occasion de revenir une autre fois sur ces grandes questions économiques qui pour nous sont les débats essentiels qui jusque là sont occultés et le CPR a un projet de société solide à partager avec tous les ivoiriens.
Le CPR serait-il prêt a soutenir la candidature de Martial Ahipeaud à la prochaine présidentielle ?
Pourquoi pas, si le camarade Martial Ahipaud peut incarner au mieux notre projet de société. Pour nous ce n'est pas la question de personnes, mais ce sont les idées, le projet de société et la pratique politique que nous voulons soutenir, si son projet de société est le mieux pour faire une meilleure redistribution des ressources du pays, nous le soutiendrons. Et c'est pour çà que nous appelons d'ailleurs à un rassemblement de toutes les forces afin que se mette en place cette alternative crédible capable de redonner espoir aux ivoiriens. Et ce sera au sein de cette force que pourront éventuellement se discuter les questions de soutien à des candidatures autour dune plate forme. Le CPR dans les tous prochains mois ira à sa convention qui se tiendra à Abidjan pour faire connaître sa nouvelle direction et se prononcera sur les questions liées aux élections y compris sa participation ou non à ces futurs scrutins.
Que vous inspire M. Gbagbo, Bédié et Ouattara ?
C'est des acteurs politiques que nous respectons, et nous pensons aujourd'hui que chacun d'entre eux doit faire son mea-culpa et jouer le rôle historique qui doit être le sien dans l'intérêt supérieur de la nation pour la résolution rapide de cette crise. Ce sont nos ainés et je pense qu'ils doivent avoir en conscience qu'il faut savoir partir en ne laissant pas derrière soit le chaos.
L'armée ivoirienne doit reprendre le pouvoir vu l'incapacité de la classe politique actuelle à s'entendre sur l'essentiel disent certains. Etes vous d'accord avec les tenants de cette thèse ?
Je respecte la position des tenants de cette thèse, et je doute que ce soit la solution idoine aux problèmes des ivoiriens même si dans l'histoire de certaines nations il y a eu des coup d'états salutaires comme, le coup d'état au Portugal appelé la révolution des œillets en 1974, en Grèce de 1967 à 1974 appelé la dictature des colonels qui a provoqué l'exil du roi Constantin II et a permit de mettre fin à la monarchie, le coup d'état du Ghana avec Rawlings, le coup d'état au mali avec ATT.
Dans tous les cas, le coup d'état de décembre 1999 et la rébellion de septembre 2002 ont suffi pour nous convaincre que les coups d'états et autres rébellions ne sont pas forcement les solutions aux problèmes de nos peuples. Il nous faut après tout, des élections démocratiques et ouvertes à tous pour un retour de notre pays à la stabilité et l'engager sur les rails du développement.
Votre dernier mot pour les ivoiriennes et ivoiriens ?
Je termine pour dire au peuple de Côte-d'Ivoire, que le CPR s'engage à coopérer avec toi pour rendre tes fermes prospères et t'apporter de l'eau potable, pour nourrir les corps de ceux qui ont faim et nourrir les enfants affamés, t'aider à apporter un toit à chaque famille. Nous pensons au CPR qu'il est possible de réaliser de grandes choses avec de petits moyens. Nous ne pouvons plus nous permettre d'être indifférents aux souffrances de nos populations, nous ne pouvons pas non plus consommer sans réfléchir les ressources du pays sans tenir comptes des besoins réels de nos peuples. Je lance un appel à l'éveil des consciences de nos populations. Aujourd'hui, vous conviendrez avec moi que rien n'est fait dans notre pays pour l'emploi; la seule politique sociale qui existe est celle des dons faits par les hommes politiques, qui se font passer pour des généreux avec l'argent du contribuable. La politique de santé est inexistante et les populations malades sont laissées à leur triste sort. Il n'y a pas de justice ni d'égalité des citoyens face à la loi.
Les concours de la fonction publiques sont l'occasion et le lieu pour certains décideurs de maintenir leurs proches aux commandes de l'administration et de l'armée. Nos paysans travaillent durement pour la nation mais en retour ils n'ont aucune sécurité sociale ni retraite. Tout leur effort est pillé par la lourde administration parasite qui s'offre une vie luxueuse en s'enrichissant illicitement. Il faut que tout cela change et personne ne viendra le faire à notre place.
C'est pourquoi nous lançons un appel vibrant à tous ceux qui veulent que la situation change positivement pour qu'ensemble nous proposons une alternative nouvelle et crédible pour notre Nation car le monde a changé, et nous devons changer avec lui .
Je vous remercie.
CPR!
ensemble pour le changement
positif
Le
CPR est un parti politique ivoirien.
Il se bat pour défendre
les intérêts en
cours de spoliation du peuple
de Côte d’Ivoire.
Son combat démocratique
est structuré autour
des axes suivants: 1—Redistribution
équitable des ressources
2– Unité nationale
3– Justice et paix véritable
en Côte d’Ivoire.
Son siège est situé
dans le quartier populaire de
Yopougou. Contacts siège
: Tel: 00(225) 23521632 Site
Internet: www.cprci.org // E-mail:
contact@cprci.org
Contact Porte-parole: 00447943609476
/ Contact : secrétaire
national chargé de
la mobilisation : 0022507747249.
Contact secrétaire
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Nouvelle technologies et du
désenclavement des
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